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•Enfers et fantômes d’Asie•

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Il y a deux semaines j’ai eu la chance de découvrir:

“Enfers et fantômes d’Asie”

au Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Plongée dans le monde des esprits, de l’épouvante et des créatures fantastiques : l’exposition s’empare des histoires de fantômes en Asie. À travers l’art religieux, le théâtre, le cinéma, la création contemporaine ou le manga, un parcours aux frontières du réel. Des peintures bouddhiques au J-Horror, des estampes d’Hokusai à Pac-Man, du culte des esprits en Thaïlande au manga d’horreur, la figure du fantôme hante l’imaginaire asiatique depuis des siècles. En Chine, en Thaïlande ou au Japon, l’engouement populaire pour l’épouvante est bien réel, imprégnant une grande diversité des productions culturelles. Esprits errants de la forêt, femmes-chats vengeresses, revenants des enfers affamés (« walking dead »), vampires sauteurs ou yokaïs (créatures fantastiques du folklore japonais): leurs apparitions sont multiples et se jouent des époques et des supports artistiques.

Un fantôme ne meurt jamais. En Asie orientale, les histoires d’épouvante ont traversé les époques, transmises par la tradition orale, la littérature, le théâtre et le cinéma.

Dès le Xe siècle, l’art bouddhique chinois illustre le jugement des âmes aux enfers.

Le retour d’un défunt parmi les vivants résulte souvent d’un destin brisé de manière violente ou anormale et qui va chercher à s’accomplir après la mort. Les fantôme viennent régler une dette ou réparer une injustice. Leurs apparitions nous effraient en nous  confrontant à l’humanité.

J’ai remarqué, à travers cette exposition, que la femme est souvent au cœur des légendes.

Par exemple, Hannya, une femme qui, sous l’emprise de la jalousie, peut se changer en démon. Ce personnage célèbre du théâtre Nô cherche à se venger à la fois de son ancien amant et de sa rivale.

Il y a aussi l’histoire d’Oiwa, cette femme trahie par son propre mari, Lemon, dont elle attendait un enfant. Ce dernier, très ambitieux, rêverait d’épouser Oume, une jeune femme séduisante et très riche. Il monte alors un complot pour tuer son épouse. Il décide de l’empoissonner. Mais sa stratégie tombe à l’eau. Oiwa est seulement défigurée. Il décide alors de l’amener près d’une falaise et de la pousser dans le vide. Oiwa meurt !

Heureux d’être arrivé à ses fins, Lemon épouse enfin la belle Oume. Mais l’esprit d’Oiwa revient hanter son amant afin de se venger. Elle parviendra à ses fins puisque Lemon tuera sa nouvelle épouse en pensant que c’est Oiwa et se jettera du haut de la falaise où il l’avait précipitée.

On peut aussi découvrir Kaibyô, un esprit qui est convoqué lorsqu’il y a une injustice, par exemple lorsqu’une jeune fille est poussée au suicide par un vil seigneur qui tente d’abuser d’elle. L’esprit prend l’apparence d’une femme, qui vient accomplir sa vengeance en s’introduisant chez le seigneur. Sa gestuelle est étrange : elle manipule les humains comme des marionnettes avec ses mains, elle est très cruelle et très acrobatique. Jeune ou vieille, son visage est toujours assez démoniaque.

Il y a aussi Sadako, une jeune femme au longs cheveux noirs qui cachent son visage et laissent seulement apparaitre un œil exorbité. On peut notamment la voir dans un célèbre film d’horreur, “Ring”, où son esprit se transmet de copie en copie de cassette vidéo, sort de la télévision et s’attaque à des jeunes qui sont là par hasard.

Le fantôme de noyé est un type de fantôme en soi au Japon, le plus connu étant celui de Kohata Koheiji, représenté par Hokusaï. Son épouse avait réussi à se débarrasser de lui en sabotant son bateau, il est mort noyé. Hokusaï le représente revenant hanter son épouse et son amant en passant la tête par-dessus leur moustiquaire.

Les yokaï sont des créatures du folklore japonais qui se réinventent à toutes les époques. Grâce au manga et au cinéma d’animation, avec Miyazaki et les studio Ghibli, les yokaï, qui avaient presque disparu depuis la période Edo, ont connu une renaissance au Japon. Ces créatures du quotidien se cachent partout et incarnent toutes les peurs. Le Kappa est l’un des yokaïs les plus connus, c’est un homme-tortue qui habite dans tous les points d’eau, lacs, rivières. Comme les autres, il est ambivalent : ni gentil ni méchant, il est capable de vous entraîner au fond de l’eau. Pour éviter de se faire capturer, s’il est hors de l’eau, il faut le saluer, car par politesse, il inclinera la tête en réponse, et la petite cavité remplie d’eau sur son crâne va se vider, et de peur de se dessécher, il repartira dans l’eau.

Kuman Thong est un personnage évoqué par l’écrivain thaï Sunthon Phu, qui raconte l’histoire d’un guerrier qui aurait utilisé une amulette de fœtus comme talisman d’invincibilité. Les figurines en forme de fœtus sont modelées à partir d’un assemblage de terre, d’huile magique et de poudre dorée. Ces talismans sont censées être habités par un esprit d’enfant dont il faut s’occuper, lui parler et le conserver chez soi. En échange, il est comme un ange gardien, il apporte du succès dans votre travail, dans vos relations.

La scénographie est très bien pensée. Le visiteur est complètement immergé dans l’univers sombre et angoissant des fantômes d’Asie. Il y a très peu d’éclairage, des projections de films d’horreur asiatiques, un fond sonore qui vous donnera des frissons, des marionnettes, des costumes, des masques, des estampes et des sculptures.

La première partie nous introduit l’univers des enfers. Ensuite, on découvre les différents fantômes et esprits errants dans les différentes cultures asiatiques. Et on termine par les rites funéraires et le culte des esprits.

Nous découvrons que cette thématique est déclinée sous plusieurs formes : peinture, littérature, cinéma, sculpture, théâtre et jeux vidéos…

J’ai adoré déambuler dans cet univers et découvrir tous ces personnages mystiques. Il vous faudra une bonne heure pour pouvoir tout découvrir.

Le musée du Quai Branly est un endroit que j’affectionne tout particulièrement, tout d’abords pour son cadre (tout près de la tour Eiffel), pour son architecture et aussi parce qu’on y est toujours très bien accueillis.

L’exposition est déconseillée au moins de 12 ans mais elle n’est pas interdite aux enfants plus jeunes, qui restent sous la responsabilité des personnes qui les accompagnent.

Notre avis : 5/5

C’était top ! Une très belle exposition, enrichissante avec une scénographie très bien pensée. Je vous la recommande vivement !

Les informations pratiques :

Actuellement au musée du Quai Branly Jacques Chirac et jusqu’au 15 juillet 2018.

37, quai branly

75007 Paris

01 56 61 70 00

Horaires:

Fermé le lundi.

11h à 19h : mardi, mercredi et dimanche.

11h à 21h : jeudi, vendredi et samedi.

Tarifs : de 7€ à 12€

Le site du musée : www.quaibranly.fr

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